Bon Vent

Pays des contrastes

Bon Vent: Maroc II

31.01.2008 00:00

Le Maroc offre de tout: déserts, montagnes et mer, entrecoupés d’oasis, de jardins maraîchers ou de vergers. Mais la misère et la richesse se côtoient au quotidien. Texte et photos: Verena Rüfenacht


Nous avons besoin d’argent liquide. Erfoud dis-pose d’un guichet bancaire et nous prenons place dans la file d’attente. Après une heure d’attente, c’est enfin notre tour et un guichetier édenté déclare que les traveller checks ne sont acceptés que dans les agences bancaires. Nous décidons de poursuivre notre périple. Nous voilà sur une route goudronnée qui doit nous amener à Tinehin, 88 km au travers du désert.

L’immense étendue aride est impressionnante, nous y croisons des caravanes transportant hommes et marchandises à dos de dromadaires. Parfois, des Touaregs nous hèlent pour tenter de nous vendre des cristaux. Tous les gués sont à sec et, ici et là, le vent a recouvert le bitume d’une vague de sable. Mais bien que nous soyons pratiquement seuls sur cette terre désolée, je profite de tous les rares buissons. Car moi non plus, je n’ai pu éviter une diarrhée carabinée.

Notre prochaine étape nous amène aux gorges de Todra. Cet oued a creusé le roc rouge, créant de vertigineuses parois qui attirent de nombreux escaladeurs européens. Les plus hautes atteignent en effet 300 m et le goulet ne dépasse pas 10 m à l’endroit le plus resserré. De là, nous avons l’intention de rallier d’autres gorges, celles du Dadès, en passant par un col très escarpé culminant à 2800 m et qu’on nous a dit praticable pour les véhicules tout-terrain. Par prudence, nous questionnons un quidam qui nous affirme que la route est trop mauvaise et que nous allons nous planter. Un autre intervient, affirmant qu’il existe un autre passage plus roulant. Pendant que les deux hommes en viennent presque aux mains, nous nous esquivons tout en renonçant à cette ascension.

De retour à Tinehin, nous trouvons à nous loger dans un petit hôtel. Les gens y sont très accueillants, et cela compense un peu le manque de propreté de la chambre. La région est prospère: une véritable oasis verte au milieu du désert rouge. Nous y visitons les palmeraies à dattes. Fruits, légumes, tout pousse ici dans l’abondance. Des kasbahs, constructions fortifiées parfois en ruine, parsèment la région.


«Bonjour! Ça va?» Comme surgi du néant, Hassan, un jeune Berbère, propose de nous faire visiter les alentours. Puis il nous invite chez lui pour nous présenter sa famille. Dani n’est pas très chaud, mais je suis curieuse de savoir comment vivent les gens d’ici. Entre-temps, le soir est tombé et Hassan nous guide dans le labyrinthe des petits jardins qui entourent les habitations. Sa famille nous accueille cordialement. La maison est construite entièrement en béton cru. Dans le salon, le mobilier est spartiate: des tapis, quelques coussins, une antique table basse et, à notre grande surprise, un magnétoscope et un téléviseur dernier cri. Rien d’autre. Les autres pièces, elles aussi, ne contiennent pas de meubles, rien que des tapis et des coussins.

La mère d’Hassan prépare du thé à la menthe et nous offre des dattes. Elle me fait enfiler une tunique de femme berbère, au grand plaisir des enfants qui rient aux larmes. Dommage que nous ne puissions pas nous parler vraiment, mais nous nous comprenons par les gestes. L’hospitalité de cette famille peu aisée, sa cordialité et sa gaieté nous donnent ainsi une leçon de vie. C’est la première fois qu’il ne nous est pas réclamé d’argent: il faudra que nous insistions pour pouvoir glisser une obole dans la caisse familiale.

Le texte exhaustif figure dans MOTO SPORT SUISSE (MSSU), bien-sûr que vous pouvez souscrire à un abonnement MSSU online. Ainsi.....



Infos du voyage maroc, 2e volet

Itinéraire accès

Berne-Sète 670 km environ, bac Sète-Nador 36h.

Durée

3 semaines pour quelque 5000 km aller-retour.

Période

de préférence au printemps et à l’automne. Très chaud en été, neige dans les monts Atlas en hiver.

Liaisons maritimes

Sète-Nador ou Sète-Tanger, nous avons opté pour Sète-Nador à bord de l’Oudja pour quelque 700 francs par personne moto comprise... à regret (voir récit).

Réservation ferry

Bureaux de voyage TCS,

Formalités douanières

Passeport, carte grise, carte d’assurance verte. Formalités laborieuses sur le bac, le véhicule est inscrit dans le passeport et doit absolument être réexporté.

Motos

Pendant notre périple de 3 semaines, nous n’avons aperçu que deux motos; ce loisir serait coûteux au Maroc, ce qui n’a fait qu’exacerber la curiosité pour nos bécanes.

Taxis

Dans chaque ville, on trouve une kyrielle de petits taxis au look unitaire, extrêmement bon marché. Un filon: laissez là votre moto et laissez-vous véhiculer au centre-ville.

Gens

Souvent casse-pieds, presque tous veulent vous vendre quelque chose. Mais souvent très aimables et cordiaux. Attention, les gosses lancent souvent des pierres aux motos qui passent.

Monnaie

100 francs suisses équivalent à 720 dirhams. Ne changer qu’arrivé dans le pays. Défense d’importer ou d’exporter des dirhams. Echange des traveller chèques laborieux et prenant beaucoup de temps. Bancomats dans les grandes villes seulement.

Langue

Arabe, français.

Manger et boire

Les plats régionaux sont appétissants. Goûtez au couscous et au tajine. Eviter les crudités et l’eau (danger de diarrhées).

Médication

Absolument prendre des antidiarrhéiques avec soi... personne n’y échappe.

Equipement

Bidon de réserve, chambres à air de rechange et kit de rafistolage. Il n’y  pas de pièces de rechange au Maroc, mais les mécaniciens sont de vrais prestidigitateurs et maîtres de l’improvisation.

Essence

Quelque 12 dirhams le litre, nous avions un bidon de réserve, mais 200 km d’autonomie nous ont suffi. Le sans-plomb n’est pas courant partout.

Logis

Chaque localité de quelque importance comporte des hôtels, nuitées à partir de 200 dirhams. Tandis que les hôtels bon marché sont souvent sales, les quatre-étoiles sont avantageux pour notre budget, propres et bien soignés. Nombreux campings.

Prix

Négocier les prix d’avance. Pour chaque renseignement, on tente de vous extirper de l’argent. Ne pas payer des prix surfaits, le marchandage fait partie des mœurs mais est souvent agaçant pour les voyageurs, car demande du temps.

Guide pratique

Guide Vert Michelin «Maroc», Voyager pratique Michelin «Marrakech, Essaouira, Haut Atlas».

Carte

Hallwag, 1:1 000 000; Michelin National 743.


Les grandes photos:

Erfoud

thé

à Ouarzazate

Dadés

Ouarzazate.

Marrakech

Marrakech

Marrakech

Essaouira

Essaouira

Essaouira

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