A ses débuts, la moto était le moyen de transport pour qui ne pouvait pas (encore) se payer une automobile, puis elle est devenue un symbole de virilité pour mâles prétendument irréductibles, avant de se civiliser peu à peu à tel point que, de nos jours, on trouve de plus en plus de femmes, d’académiciens et de cadres supérieurs au guidon. Parallèlement à cette évolution, la procédure d’obtention du permis de conduire, jadis unique pour tous les gabarits, s’est morcelée en classes de cylindrée, de puissance et d’âge. Alors que les limitations, strangulations et autres interdictions n’ont cessé de proliférer depuis. Il est donc évident que, modestes pendulaires, puis aventuriers sauvages – il y a 20 ou 30 ans, on ne connaissait que deux positions de la poignée droite : à donf ou à l’arrêt – les motards d’aujourd’hui accusent un profil fort différent. A se demander ce qui les anime encore à escalader un engin si peu confortable, à l’équilibre si fragile et censé dangereux. Nous avons posé la question à trois novices. MSS - Qu’est-ce qui a causé ton approche et qu’est-ce qui t’a motivée à devenir un/e motard actif/ve? Nicolas : J’ai grandi parmi des motards, puisque le restaurant du Raisin parental était (et est encore) le lieu de rendez-vous régulier du MC des Loups et de nombreux adeptes. Cela m’a fait envie très tôt, mais ma formation de cuisinier et de nombreux voyages professionnels m’ont longtemps empêché de réaliser ce désir. Après le décès inattendu de mon père il y a quelques années, j’ai repris l’établissement, ce qui a beaucoup restreint mon temps libre. Et puis, au fond de moi, j’ai aussi préféré attendre d’être en «âge de raison».
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