Les Bavarois ont remplacé leur F 650, appréciée par les débutants, par une nouvelle enduro bicylindre 800 cm3 de classe moyenne. Elle est plus puissante et plus simple à piloter à la fois – c’est ça le progrès!
Texte: Tobias Kloetzli Photos: Arnold Debus
GS est synonyme de «Geländesport» (sport TT) chez BMW, et la gamme ainsi prénommée est un pilier essentiel pour les Bavarois. Mais ce boxer offroad, source de succès retentissants pour BMW, a pris de l’embonpoint au fil des années. Si bien qu’à Munich on a ouvert un nouveau chapitre avec la F 650 il y a une quinzaine d’années, la première monocylindre étant nommée «Funduro», suivie plus tard d’une version F 650 GS plus apte au tout terrain. La 650 fut alors fort appréciée comme moto de tous les jours et comme machine d’initiation, mais elle a pris de l’âge depuis.
En 2007, BMW a présenté une nouvelle gamme de monocylindres, dont la G 650 Xcountry plus légère et encore plus simple d’accès. On avait expressément souligné qu’il fallait considérer la G 650 comme élargissement de la palette et non comme successeur de la F 650 existante. Ce qui avait suscité des haussements d’épaules parmi la presse spécialisée.
Un digne successeur
Aujourd’hui, la chose est plus claire, étant donné que BMW vient de présenter sa toute nouvelle F 650 GS – un digne successeur. De sa devancière, elle a gardé la dénomination F 650, mais ses 800 ccm lui confèrent 20 ch de plus. «Ça y est, c’en est fini de l’enduro à l’accès facile», est-on tenté de penser, mais la petite GS fortifiée et moderne fait encore mieux partout. Elle est plus puissante, néanmoins plus simple à piloter, ses 199 kg tous pleins faits ne signifiant que 6 kg d’alourdissement par rapport à son prédécesseur moins musclé.
Cette dernière-née pourrait avoir la cote auprès de nouveau-venus, de ceux qui diminuent leur besoin de grosse cylindrée et qui changent de monture, et ravira les motardes. Mais commençons par la technique.
Nouveau concept
La F 650 n’est donc plus animée par un monocylindre, mais par le twin parallèle de 798 cm3 issu de la F 800 S. Il a été adapté aux exigences de la GS et sa caractéristique a été adoucie par l’adoption d’autres arbres à cames. Dans la F 650 GS, il agit avec un timing de distribution modifié et une moindre levée des soupapes. Si bien que, de sa cavalerie initiale de 85 ch, le moulin à injection n’en crache plus que 71, mais à la réaction plus souple et donc plus faciles à maîtriser.
Le même moteur équipe également la nouvelle F 800 GS, à qui l’on a insufflé davantage de puissance et de noblesse et dont les suspensions aux plus longs débattements sont encore mieux adaptées au tout terrain. Le cadre des deux modèles GS est absolument nouveau. Tandis que le moulin DACT des deux F 800 de route, la «S» et la «ST», sont boulonnés dans un cadre pont en alu, BMW a conçu un cadre en treillis tubulaire pour ses enduros.
Afin de dégager de l’espace pour les débattements plus longs, c’est-à-dire pour la plongée sur la roue avant, et en faveur d’une répartition de poids optimale, les cylindres sont plus redressés, leur inclinaison passant de 30 % à 8 % vers l’avant. Ceci a exigé diverses modifications du carter moteur. De plus, la 800 bénéficie d’un cache d’embrayage plus svelte et de renforts dans les secteurs d’ancrage du cadre. Le bicylindre assume également une fonction porteuse dans le cadre en treillis tubulaire.
A l’instar du monocylindre déjà existant et de tous les modèles F 800, la GS cache son réservoir de carburant sous la selle, ce qui rabaisse le centre de gravité, et le bouchon de remplissage d’essence est situé sur le côté de la machine.
Tout sous la main
Les qualités d’accueil de la F 650 GS, également disponible sans supplément de prix en version 34 ch, s’exprime d’entrée quand on l’enfourche, car grâce à sa selle perchée à 820 mm seulement et pas exagérément large, même les cavaliers de moins de 1 m 70 posent sûrement sur le sol et peuvent donc aisément manœuvrer la petite GS. On peut même s’offrir plus bas encore, l’enduro étant aussi proposée avec une selle plus basse de 30 mm – toujours sans supplément de prix.
Le torse bien redressé, le pilote est confortablement installé derrière le large guidon d’acier, bénéficie d’une bonne vue d’ensemble et tient tout en main. Les leviers sont réglables au format des mains, le tachymètre et le compte-tours ronds centraux sont bien déchiffrables, aussi bien que l’affichage digital de la température d’eau, du niveau d’essence, de l’heure et – selon l’option choisie par bouton au guidon – de la température ambiante, de l’autonomie ainsi que de la consommation instantanée ou moyenne, de la vitesse moyenne ou des deux totaliseurs journaliers.
Une pression sur le bouton du démarreur, et le twin parallèle s’anime avec une très belle sonorité, étonnamment semblable à celle d’un boxer. La raison en est la séquence d’allumage régulière décalée de 360°. Les deux pistons se meuvent côte à côte au même rythme et subissent alternativement l’explosion selon le principe quatre temps. Une bielle d’équilibrage se mouvant à contresens des pistons pourvoit à l’équilibrage des masses et étouffe en grande partie les vibrations. En effet, on n’en ressent que d’infimes, jamais dérangeantes.
Le bicylindre se montre très cultivé et, grâce entre autres à la régularité de sa séquence d’allumage, répond proprement aux gaz en-dessous de 2000 tr/min déjà en fournissant de belles reprises. Entre 3000 et 7000 tr/min, il tient à disposition de manière continue un couple de 70 sur le maximum de 75 Nm. La F 650 au moteur 800 cm3 ravit donc avec un belle plage de couple. A presque en oublier le sélecteur, puisqu’elle supporte la cinquième, voire la sixième en ville, l’aiguille du compte-tours avoisinant les 4000 tr/min à l’allure des autoroutes suisses.
Pour jouir de sensations plus sportives, il suffit de voguer entre 4000 et 7000 tr/min, où elle vous propulse avec un bel entrain jusqu’à 190 km/h. Le développement de puissance est linéaire et parfaitement prévisible. Le moteur crache son max de 71 ch à 7000 tr/min, mais continuer de grimper pratiquement sans s’essouffler jusqu’à 8500 tours. Sa réponse aux gaz est du genre bon enfant, l’enduro de classe moyenne réagit avec douceur.
Leste et stable
Son poids relativement modeste et le réservoir d’essence central bas placé confèrent une belle maniabilité à la petite GS. Dans les lacets, elle se laisse mettre sur l’angle sans grand effort, même les changements d’angle sont aisés. Sans jamais se montrer nerveuse pour autant. Elle suit fidèlement la trajectoire choisie, mais permet à tout instant d’y apporter des corrections.
Même dans les bosses ou lors de freinages penchés, elle ne tend guère à se redresser. Même en tirant frénétiquement sur la poignée, elle ne connaît ni instabilité de l’avant ni battements du guidon. Le réglage de la partie-cycle est plutôt ferme, sans manquer de confort toutefois. On pressent bien la limite d’adhérence. La précontrainte de l’amortisseur s’adapte parfaitement à la charge d’une passagère, grâce à la molette à main.
Jeter l’ancre avec l’ABS
En guise de frein avant, la F 650 ne dispose que d’un seul disque, mais mesurant 300 mm de diamètre et croqué à belles dents par un étrier double piston Brembo. Ce frein se caractérise par une bonne efficacité et un excellent dosage sans exiger trop de poigne. A la limite de l’adhérence, c’est l’ABS de série qui se charge du dosage fin.
Plus polyvalent, tu meurs
Le design de la nouvelle GS 800 ccm permet au premier coup d’œil d’y voir la petite sœur du best-seller dénommé GS. Elle est une moto à toute sa valeur, aux manières faciles et enthousiasmante, utilisable à de multiples fins: de la virée appuyée du soir en passant par l’utilisation au quotidien, elle se prête sans coup férir aux plus longs voyages en duo. Même dans le terrain facile, elle s’est bien défendue lors du test, grâce entre autres au bon dosage des gaz et aux fines réactions du moteur.
En ville, aussi bien que lors de manœuvres à basse vitesse son poids modeste, son rayon de braquage serré et son embrayage aussi facile que bien dosable sont des atouts certains. Si bien qu’on peut sans autre recommander la F 650 GS aux novices. Dotée d’un riche équipement incluant l’ABS et d’un ordinateur de bord, mais aussi douée d’un comportement général rassurant et animée par un moteur aussi bon enfant que coupleux, tout ça pour le prix de Fr. 12'300.–, elle représente une offre fort intéressante.
La nouvelle F 650 GS est une moto à la fois convaincante, polyvalente et confortable, autant appréciée par les novices que par les routiniers pour son bon caractère et l’altitude modérée de sa selle. Ses points forts sont le moteur coupleux et cultivé, l’aisance du dosage ainsi que le maniement léger et la bonne tenue en courbes. Elle a donc progressé sur tous les plans.
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(meilleure note: 5 pts, plus mauvaise note: 1 point)