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Funbike tranchante
10.03.07

BMW G 650 Xmoto

Sans doute la Xmoto est-elle celle des trois nouvelles BMW qui séduira le plus les motards suisses : elle semble conçue tout exprès pour les tortillons pentus et saccadés de nos cols de montagne. Pourtant, le constructeur ne la définit pas comme une supermoto, mais comme une routière. Son caractère n’est cependant pas celui d’une moto de course, mais bien plutôt celui d’une funbike routière sportive.

Avec sa ligne svelte, son élégant carénage de phare, son tranchant faux réservoir, son gros échappement relevé de couleur blanche, sa partie arrière surélevée et ses jantes en alliage de 17 pouces, elle n’a optiquement parlant rien d’une BMW traditionnelle. Seuls le logo bien connu et le regard asymétrique de l’unité de phare rappellent son origine.

Premier contact
En prenant place sur la Xmoto, la hauteur du siège (900 mm) surprend et, malgré sa relative étroitesse, cette propension de gagner de l’altitude pourrait poser problème à des conducteurs ou surtout conductrices de moins de 170 cm. Une suspension abaissable par molette (-20 mm) et un siège moins épais disponible en option (Fr. 250.–) ne devraient résoudre qu’en partie cette problématique. Là, BMW ne fait pas dans le compromis : le capitonnage du siège est spartiate et monte très en avant sur le faux réservoir, lequel abrite un efficace airbox. Plus en avant, on trouve un solide guidon à section conique en aluminium et un cockpit petit mais bien lisible abritant un écran digital indiquant la vitesse, l’heure, le kilométrage total et journalier. Le tout est complété par des témoins lumineux.


Mais, trève de considérations statiques, la bécane appelle à se mettre en mouvement. Une fois en route, la position de conduite est agréable et active. La hauteur du siège permet une large vision et assure un angle de genou généreux. L’écartement des genoux est agréablement limité et le large guidon tombe bien en mains.

Un mono civilisé
Grâce à son volant d’équilibrage, le monocylindre signé Rotax est d’une  utilisation très agréable, aucune vibration gênante ne venant perturber le plaisir. Avec une sonorité légèrement métallique mais d’un volume décent, il répond énergiquement et sans délai aux sollicitations des gaz. Malgré l’injection, toute rudesse de réaction lui est étrangère et le frein-moteur reste utilisable.

Avec une saine et revigorante vigueur, le monocylindre à quatre soupapes réagit dès les plus bas régimes, augmentant linéairement sa puissance au fil de la montée des tours. Sa plage de puissance est d’ailleurs très large, grimpant allégrement vers sa cote maxi de 7000 tours puis butant de manière presque inattendue sur le rupteur intervenant à 7500 tr/min. Mais cela ne nous est arrivé qu’une seule fois, la progressivité de la courbe de puissance rendant inutile toute velléité de surrégime. Et qui peut le plus peut le moins : si la Xmoto se montre énergique en pilotage sportif, elle l’est tout autant en conduite relax puisqu’elle avale sans broncher une vitesse de 60 km/h en cinquième.

Une star du virage
La partie-cycle est un peu rude mais reste confortable : pas de doute, on est parvenu ici à un bon compromis. La Xmoto avale avec facilité les inégalités du revêtement, surprend par sa facilité dans les virages et sidère par sa fidélité de ligne dans les trajectoires.

Grâce à son poids tous pleins faits de moins de 160 kg, elle se montre d’une telle maniabilité qu’on en viendrait à la croire plus légère encore. Sa tenue de route est véritablement neutre, même si sa docilité montre parfois ses limites dans les petits coins si on la pousse un peu trop. Ce qui ne l’empêche cependant pas d’avaler sans broncher les corrections de trajectoire, les changements de charge et les freinages sur l’angle. Très vite, la moto met en confiance et l’on se surprend, dans les virages, à rayer l’asphalte avec les repose-pieds. Malgré une chasse plus courte que celles de ses deux frangines, la Xmoto se montre équilibrée jusqu’à sa vitesse maxi de l’ordre de 170 km/h.

Le frein avant signé Brembo comporte un disque de 320 mm de diamètre associé à une pince à quatre pistons. Il est bien dosable et réagit énergiquement, mais sans trop de hargne, et grâce aux durites type aviation, il dispose d’un point de poussée étonnamment précis. Seule critique, un levier non réglable. Quant au disque arrière, il fait son boulot consciencieusement, se montrant efficace et facilement dosable.

Conduite rapide facilitée
Pas de doute, cette nouvelle BMW est un bel exemple d’efficacité. Elle peut être pilotée sportivement sans souci aucun, sa légèreté étant surprenante et ses réactions très saines. Tenue de route et performances se montrent ici totalement transparentes. Indubitablement, les techniciens de BMW se sont inspirés de la Duke, mais la KTM était distinctement plus rude et plus extrême, convenant ainsi peut-être mieux à un enduriste chevronné. Mais tous les autres motards se régaleront de la légèreté et de la respiration de cette Xmoto, laquelle leur permettra de donner le meilleur d’eux-mêmes sur la grand-route. Mais comme BMW a également joué les cartes de l’utilisation quotidienne et de la circulation urbaine, la Xmoto conviendra tout aussi bien au pilotage cool. Certes, avec son petit réservoir de 9,5 litres, avec l’autonomie relativement faible qui en découle et avec son siège un brin spartiate, cette machine n’est pas vraiment adaptée aux virées au long cours. Elle n’est d’ailleurs pas équipée en série pour le duo, et un kit composé du siège double, des repose-pieds et des poignées de maintien passager sera disponible en option (prix non encore arrêté). Par contre celui du freinage ABS, lui aussi en option, a été fixé à 990 francs.

Avec sa nouvelle Xmoto, BMW a mis dans le mille. La marque allemande a donné naissance à un excellent compromis entre une supermoto sportive et une moto à usage quotidien. Et cela sans rien renier de ses principes de base. Chapeau!

Cette offensive bavaroise pourrait, à première vue, être prise pour une opération anti-KTM. BMW s’en défend et affirme vouloir en priorité favoriser l’ouverture de nouveaux marchés. Les jeunes motards ont ainsi dès aujourd’hui toutes les raisons de rejoindre la grande famille des inconditionnels de la vénérable marque allemande.


Moteur 
Monocylindre quatre temps liquide. Deux arbres à cames en tête entraînés par chaîne, quatre soupapes à poussoirs en godet.

Performances selon usine
Puissance maxi:  53 ch (39 kW) à 7000 tr/min
Couple maxi: 6,1 mkg (60 Nm) à 5250 tr/min

Prix : Fr. 12'700.– TTC
Disponible en teintes gris-rouge. Egalement disponible en version 25 kW/34 ch.


 
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