Test et technique
Essai Triumph Bonneville
30.06.2009 00:00
Triumph a remis sur la table sa belle classique quinquagénaire nommée Bonneville pour la mettre au goût de la jeune clientèle. Si la roadster na pas pris du nerf pour autant, elle sen trouve plus agile et plus moderne. Texte: Jean Mesnil Photos: Jacques Clipet
Quoi, déjà un demi-siècle sur les épaules et toujours lair si jeune», sétonne un badaud en caleçon de bain à lapproche de la dernière mouture de cette (very) Old Lady qui pose béquille sur sable sous lardent soleil méditerranéen dune plage niçoise.
Remarque qui met en évidence la réussite du relookage opéré par les Anglais sous la férule de Sir John Bloor, inculquant dun seul coup à la «Bonnie» davantage de chamboulements optiques que ses devanciers en cinquante ans.
Mais remontons le cours de lhistoire qui, de la britonne Meriden, nous mène outre-Atlantique dans lUtah à Salt Lake City, puis sen retourne au pays, à Hinckley. Lancestrale Bonneville de 650 cm3, née à Meriden (GB), portait déjà des langes libellés aux records de vitesse réalisés sur le lac Salé américain dont elle a repris le nom, puis elle a passé une adolescence tumultueuse à glaner dinnombrables succès en compétition.
Mais sa renommée, que dis-je, son avènement au statut dicône, la Bonneville la doit avant tout aux allées et venues sur les boulevards, à quelques intermèdes glorieux au grand écran et à son adoption par les rockers londoniens fans de rocknroll des années 60.
Mort et transfiguration...
En 1985, deux ans après la faillite du manufacturier de motos Triumph, John Bloor acquiert les droits concernant le nom et la diffusion de la Bonneville pour en produire quelque 1200 unités en trois années chez le manufacturier Racing Spares. En 1990, Bloor ressuscite la marque Triumph dans toute son entité, mais oublie passagèrement la bicylindrique lady pour se lancer dans la production de machines ultramodernes à trois et quatre cylindres.
Bonneville, what else...
En 2001, la nouvelle équipe Triumph va fouiller dans les oubliettes et lance une nouvelle Bonneville au look inspiré par lancêtre, animée par un twin parallèle de 790 cm3 déballant 61 bourrins. Si bien réussie que même le jeune George Clooney sen est amouraché. Peut-être, comme dans son spot publicitaire, sest-il écrié: «Bonneville, what else!»
En 2005, le twin de la Bonneville T100 jauge 865 ccm et anime toujours les versions actuelles. En 2007, linjection succède aux carbus sans les faire disparaître optiquement ouvrant la voie au catalyseur.
Le grand bond
La dernière née des Triumph au twin parallèle, nommée Bonneville tout court par opposition à la Bonneville T100 classique, fait du pied aux motards novices, aux jeunes et aux courts-sur-pattes, donc à la gent féminine. Mesure essentielle: le rabaissement de 35 mm de la selle, ramenée à 740 mm daltitude et plus biaisée, grâce surtout à la plus petite roue avant 17 pouces en alu coulé (anciennement 19 à rayons).
Effet collatéral: 8,5 kg de moins à lester et adoption de pneus tubeless à carcasse radiale (au lieu des diagonaux avec chambre à air) plus aptes aux grandes vitesses. Le guidon en tube dacier est plus plat et ses extrémités davantage repliées vers larrière, ce qui entraîne une position de conduite un brin plus active. Les nouveau choix des coloris blanc uni ou noir alliés au logo plus léger à fleur du réservoir, ainsi que les garde-boue élagués (les nostalgiques diront «amputés»...) confèrent un coup de jeune à la Bonneville, tandis que les nouveaux échappements coniques légèrement remontants succèdent aux «sarbacanes» droites en boudin ficelé de laïeule.
Les arêtes poncées des ailettes de refroidissement ressortent du twin parallèle tout noir et le cache de pignon de sortie de boîte feint lexistence dune boîte de vitesses séparée à lancienne. Pas seulement classique, mais la grande classe!
En route! La T100 dabord
La variante noble, seule rescapée de lancienne palette Bonneville, nommée T100, est également disponible pour lessai. Elle nous contemple majestueusement avec le gros il rond de son phare chromé, parée de roues à rayons filigranes, de carters moteur aux chromes rutilants, dun réservoir vert/blanc au filet doré peint à la main (chaque exemplaire porte les initiales de lartiste sur la base du réservoir cachée par la selle!) et de deux gros compteurs ronds à fond noir. Si admirablement classique quon na de cesse de la contempler, au risque den oublier quelle est faite pour rouler avec...
Point besoin descabeau ni de prévoir un parachute pour gravir son échine: la mince silhouette de la T100 et sa poupe courte permettent de lenjamber sans effectuer de pirouette façon Denise Bielmann. La position de conduite au guidon mi-haut légèrement arqué est royale, les leviers réglables en quatre degrés décartement dotés dune précassure en cas de chute tombent bien sous la main, et les deux compteurs ronds se déchiffrent avec aisance.
Une courte pression sur le bouton du démarreur par grand froid, une tirette placée latéralement au pseudo-carbu fait office de choke et le huit-soupapes calé à 360° se met à ronronner dune voix grave et feutrée. Rien à voir avec sa sur au nom évocateur dAmerica, dont le calage à 270° provoque une ondulation voulue. Ça démarre avec aisance grâce au beau coup de pied du fond des tours, à lembrayage hyperdocile tant quil nest pas surchauffé et à la course courte et précise du sélecteur. Bien sûr que le coup de collier des 67 «british horses» ne fait pas bondir, mais ça suffit amplement.
En ville ça va de soi, mais aussi dans les lacets de larrière-pays montagneux. Grâce à linjection, le moteur accélère comme du velours et monte en régimes sans aucun creux de puissance perceptible au fil des 5 vitesses; dans le plus grand rapport, on peut tranquillement laisser retomber à 1500tr/min sans quil se mette à piocher. Plus bas, il tape et menace de caler. Le mordant des étriers double piston démunis de lABS sur les deux simples disques est suffisant même quand on force le pas, et la Lady ne tend pas à se redresser.
Troquer contre la Bonneville
Plus tard, lors de la première halte, je troque lhonorable T100 contre une Bonneville standard dernier cri. Qui surprend demblée par la moindre hauteur de sa selle, tandis que les poignées restent dans la main même lorsque le guidon atteint ses deux butées, ce qui exigerait des looongs bras sur la T100.
Le cockpit paraît dun coup bien maigrelet mais il existe aussi une version SE (Special Edition) à deux compteurs ronds. La réponse aux gaz et la mise en branle procurent les mêmes sensations que sur la T100, le groupe propulseur étant resté le même. Mais lorsque je veux passer en deuxième, je rate le sélecteur: langle de genou plus serré, outre un léger déficit côté confort, fait que la géométrie nest plus la même et il me faut davantage travailler de la cheville.
La première épingle révèle une maniabilité nettement accrue, sans toutefois que la Bonnie ne se mue en vélo. Les nouveaux disques de freins ajourés en spirale et les pneus à carcasse radiale confèrent des sensations plus directes, plus précises, tandis que la tendance au redressement en virage reste négligeable.
Conclusion: la dernière née de la dynastie des Bonneville nest pas forcément plus jolie, mais un brin rafraîchie; son prix et sa taille rabotés la rendent aussi plus accessible. Pour les dames et les débutants justement.
Bilan
La digne aïeule remise à jour avec des pincettes a sacrifié un zeste de sa noblesse sur lautel de la tendance, mais sa maniabilité ainsi
que son prix la rendent plus attrayante: la nouvelle Bonneville arrive le pied plus léger et grève moins le budget. Alternative bienvenue dans le monde uniformisé des quatre-cylindres, particulièrement à laise en ville et pour léchappée dominicale.
D'autres photos:
Triumph Bonneville:
Triumph Bonneville SE:

Triumph T 100:




La famille Triumph Bicylindre:
| Triumph Bonneville | ![]() |
| Triumph Bonneville SE | ![]() |
| Triumph Bonneville 50' Anniversery | ![]() |
| Triumph Bonneville T 100 | ![]() |
| Triumph Scrambler | ![]() |
| Triumph Thruxton | |
| Triumph America | ![]() |
| Triumph Speedmaster | ![]() |
En un coup d'oeil
(meilleure note: 5 pts, plus mauvaise note: 1 point)
| En ville | 4 points |
| Grande virée | 3 points |
| Pilotage sportif | 2 points |
| Utilisation en duo | 3 points |
| Palpitations | 2 points |
Fiche technique Triumph Bonneville
Moteur
| Genre | Bicylindre parallèle vertical calé à 360° refroidi par air. |
| Distribution | DACT, 8 soupapes |
| Alésage x course | 90×68 mm |
| Cylindrée totale | 865 ccm |
| Rapport de compression | 9,2 : 1 |
| Carburation | Gestion électronique du moteur et injection dessence multipoint Keihin, |
| ø papillons | 36,5 mm |
| ø soupapes: admission/échappement | |
| Lubrification | Lubrification à carter humide avec radiateur dhuile, capacité 4,5l. |
| Echappement | Système dappel dair secondaire et catalyseur régulé, échappement 2-2. |
| Démarreur | Démarreur électrique. |
Performances
| Pussance maxi | 67 ch (49 kW) à 7500tr/min |
| Couple maxi | 7,0 mkg (69 Nm) à 5800tr/min |
| V-max. | - |
Transmission
| Embrayage | Entraînement primaire par pignons. Embrayage multidisque dans bain dhuile à commande mécanique |
| Vitesses | Boîte cinq vitesses |
| Transmission finale | Transmission finale par chaîne à joints toriques courant à droite. |
Partie-cycle
| Cadre | Simple berceau acier, faux-cadre arrière acier soudé. ; |
| Suspension avant | Fourche télescopique conventionnelle Kayaba, non réglable |
| ø tubes de plongée | 41 mm |
| Suspension arrière | bras oscillant bilatéral tubes dacier, amortisseurs jumelés chromés Kayaba, réglables en précontrainte de ressort |
| Débattement avant/arrière | 120 mm / 100 mm |
Roues
| Genre | Jantes en fonte dalliage léger à 7 bâtons (jantes à rayons dacier); pneus tubeless à carcasse radiale Metzeler MEZ4 (pneus diagonaux avec chambre à air). |
| Jante avant | 3.50×17 (2.50×19) |
| arrière | 3.50×17 |
| Pneu avant | 110/70 R17 |
| arrière | 130/80 R17 |
Freins
| Frein avant | Nissin. Simple disque (310 mm) acier étrier double piston flottant avant |
| Frein arrière | Simple disque (255 mm) |
| ABS | non |
Dimensions et poids
| Empattement | 1454 mm |
| Angle de chasse | 63° |
| Chasse | 106 mm |
| Poids tous pleins faits | 224 kg |
| Hauteur de selle | 740 mm |
| Capacité essence | 16,0l |
Teintes
Bonneville: | |
Bonneville SE: Schwarz | |
Bonneville T100: | |
Triumph Bonneville Anniversary Model |
Prix, disponible dès, importateur
| Prix |
|
| Disponible dès | maintenant |
| Importateur | Triumph S.A.S., Succursale Suisse, Rue des Bugnons 4, 1217 Meyrin; tél. 022 782 73 50 |
Autres, remarques
| Remarque | Toutes également en version 25 kW/34 ch |
Concurrents (Retrobikes)
BMW R 1200 R
Ducati GT 1000
Ducati Sport 1000
Ducati Sport 1000 GT
Ducati Sport 1000 S
Harley-Davidson XR 1200
Moto Guzzi V7 Classic
Moto Guzzi Bellagio
Moto Guzzi V7 Cafè Classic
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Moto Morini 9 1/2
Norton Commando 952
Royal Enfield Bullet
Suzuki GSX 1400
Yamaha XJ 1300
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