Test et technique
Essai BMW K 1300 GT ABS
26.02.2009 00:00
Beaucoup ne signifie jamais trop. Voilà pourquoi le tourer quatre cylindres de BMW sest vu gonfler ses muscles. Texte et photos: Daniel Riesen
D901. Voilà ma nouvelle aire de jeu, que je partage une heure avec la BMW K1300GT. Cest une route de campagne près de Pont-Saint-Esprit, tout près du lit de lArdèche. Son revêtement granuleux et clair minspire confiance malgré la fricasse; même un pneu plein y trouverait de quoi planter ses dents (ou tétons).
Sous un ciel dazur nous bondissons, la K et moi, de virage en virage. Cest elle qui fait le boulot, tandis que je tente de rester maître des événements. Pas facile du tout. La bécane dispense un sacré coup de pied pour une tourer, tandis que mes réflexes tiennent davantage de lhibernation. Normal, vu que six heures plus tôt, le thermomètre de bord pointait encore sous zéro.
Vaste plage dutilisation
Cette K1300GT est toute faite pour de telles petites ou grandes fugues. Foutre le camp, loin des frimas et se défouler un chouya au sud. Epatante, la manière avec laquelle cette grosse moto parvient à satisfaire cette fourchette dutilisation.
Comme sa devancière, la K1200GT, elle brille côté confort dassise, protection contre vent et intempéries. La selle est proposée en deux épaisseurs, chaque variante pouvant être réglée à deux altitudes différentes. La selle mince alliée au réglage bas permet à un «nabot» de 1m67 de mettre tout juste les deux panards à plat par terre. Ce qui est quand même rassurant, au vu des 300 kg de la monture.
Tenu ce réglage, langle de pincement des genoux est plutôt serré. Les grenadiers préféreront la position supérieure, voire la selle culminant plus haut. Tout en rehaussant en un tournemain le guidon, placé bas dorigine dans lune des quatre positions disponibles.
Plus gros pistons et poussée
Cette vaste plage dutilisation était déjà lapanage de son prédécesseur, la K1200GT lancée au cours de lannée 2006. Dont le quatre-pattes était tout sauf asthmatique, bien que ses 1157cm3 paraissent modestes face à la concurrence des Yamaha FJR1300 et autres Kawasaki 1400GTR. Mais voici que BMW rajoute 136 cm3 en gonflant lalésage et la course, offrant 1293 cm3 aux adeptes des gros cubes.
Résultat: davantage de poussée à tous les régimes, ce qui se traduit dans labsolu par huit bourrins supplémentaires. Mais elle na pas seulement gagné en volume; les canaux dadmission des culasses et le silencieux ont été lobjet dune attention toute particulière en vue de gagner des chevaux, alors que les cotes des soupapes et des papillons nont subi aucune modification.
Cest tout de même fou: lorsquil y a dix ans, la fusée Yamaha R1 était annoncée crachant de fabuleux 150 ch, nous sommes tombés en béatitude. De nos jours, nous hochons simplement la tête lorsque BMW arme son divan volant de 160 pur-sang. Tout en proposant le contrôle de traction ASC pour leur tenir les rênes. Cet hymne à la musculation est entonné par un chant en deux degrés dintensité. Jusque vers 6000tr/min, la GT chantonne un air de brave tourer, pour attester ensuite avec un hurlement rauque combien torride est le feu de géhenne au fond de ses tripes. Un vrai régal.
Presque la douceur dun boxer
Les degrés de puissance et de sonorité se modulent avec la poignée des gaz, nouvellement dotée dune commande desmodromique (un câble pour ouvrir, un autre pour fermer). La douceur surprenante de la réaction un point critique sur sa devancière est plutôt due au peaufinage du mapping, qui agit sur le réglage fin des papillons au moyen du positionneur de démarrage à froid. Cette souplesse va de pair avec un léger décalage de la réponse des gaz, encore acceptable pour une tourisme. De plus, cette réponse adoucie se rapproche de celle des moulins boxer les capitaines de GS ou de RT sont invités à touiller un coup la K1300GT.
Pour les longs parcours pourtant, lessentiel nest ni la puissance pure ni la spontanéité de la réponse, mais la douceur de fonctionnement. Le quatre-cylindres BMW tourne agréablement et en finesse jusque vers les 4500tr/min, puis commence à mettre des fourmis dans les mains. A 140 au compteur en 6e, le compte-tours indique 5300tr/min: cest la plage où lon ressent bien les vibrations. Dommage, car on dispose de suffisamment de puissance pour rallonger le plus grand rapport sous forme doverdrive. Afin déviter une main sourde, on peut toutefois recourir au tempomat.
Les premières K1200 au quatre-pattes transversal ont subi dâpres critiques pour leurs changements de vitesses. Chaque manuvre du sélecteur saccompagnait dun claquement plutôt rustre. BMW sest repenché sur le problème pour y remédier, mais y est parvenu en partie seulement; en effet, le clac a disparu, mais lengagement des couples de pignons nécessite toujours quelque effort.
Comme le quatre-cylindres fort incliné vers lavant occupe une belle longueur, les modèles K des Bavarois (les variantes S et R seront équipées du moulin 1300 cm3 dès février de cette année, ainsi que des modifications décrites plus loin) disposent tous dun châssis allongé et un angle de fourche plat, propice à la stabilité. Pourtant, la K1300GT ne paraît un brin encombrante que lors de manuvres ou dans les épingles; une fois lancée, elle se pilote de manière neutre et aisée, réagissant avec vivacité aux coups de guidon. Cétait déjà le cas de la 1200.
On a ajouté un longeron inférieur à la suspension avant nommée Duolever, point dappui de lamortisseur central, façonné en alu et non en acier forgé. Ce qui réduit la masse non suspendue de 1 kg. Par contre, les gros à-coups et le Duolever continuent à se détester: ça tape dur. Mais le gros avantage du Duolever reste la grande sensation de confiance lors de linduction en virage, on dirait que la roue avant suce la route comme une ventouse sur langle.
BMW a encore progressé côté ESA, réglage électronique de la partie-cycle, disponible en option soit séparément (Fr. 1070.) ou comme partie dun paquet doptions. Désormais un réglage de la dureté du ressort arrière vient compléter ceux de la précontrainte et de lamortissement.
Le réglage fin est effectué en accord avec dautres moyennant pression sur un bouton électrique. Sur le revêtement bosselé de la D901 ardéchoise, loption «Sport» sest révélée trop ferme, celle «Normal» par contre a représenté le meilleur compromis. Lors de pacours purement touristiques, le choix «Komfort» sied à la perfection, la K1300 se mue carrément en fauteuil.
Confort en duo
La GT se recommande également pour les virées en duo. La selle à deux éléments, à peine surélevée, est bien adaptée. Langle des genoux est un brin moindre que celui du pilote, les anses de maintien généreuses, le buste assez près du capitaine pour une bonne intégration.
Le pilote est bien à labri du vent et des intempéries. Le pare-brise réglable électriquement en hauteur est assez haut et large au vu de mon calibre de 1m67 pour que le vent passe par-dessus mon casque et caresse à peine mes biceps. Point de tourbillons ni daspi vers lavant. Reste à espérer que la bulle surélevée (Fr. 90.) offre le même standard aux grands gaillards.
Clignotants «normaux»: enfin
Ça équivaut à une véritable révolution. BMW renonce enfin à ses commandes de clignoteurs à trois éléments distincts. Dorénavant, une seule commande, à gauche sur le guidon, suffit à toute la procédure, comme dans le reste du monde. Il semble pourtant que ce ne soit pas par souci de simplicité, mais simplement par manque de place: pour commander au guidon toutes les fonctions, hormis celle du kilométrage journalier, il fallait de lespace.

Donc, on peut dès à présent tripatouiller lordi de bord au moyen dun bouton situé à gauche au lieu de devoir chercher une lointaine commande tout à droite comme auparavant.
Toujours aussi convaincants defficacité, les freins combinés nenchantent pas du côté des sensations. Quand on lempoigne, le levier de frein semble dabord assez pâteux avant de salléger progressivement. Quant au look de la GT, il a lui aussi été rehaussé par un truc en somme tout simple: la nouvelle «calandre» dorénavant apposée dans le sens de la longueur allège le carénage latéral monotone.

Force est donc de constater que BMW joue serré: avant que la gamme K 1200 nait pris la moindre ride, les Bavarois remettent la compresse à fond. Revoir de telle manière la copie dune GT après deux ans et demi à peine, ça frise la sarabande du monde super-sport. Car les modifications vont bien au-delà de simples retouches. Bien sûr, ni lASC ni lESA ne sont indispensables pour goûter aux plaisirs de la grande virée, ni forcément 160 bourrins calés sur 135 Nm. Mais ça fait quand même rudement du bien.
Bilan
Avec sa K1300GT, BMW reprend les points forts de lancienne 1200 et en élimine la plupart des petites faiblesses. Le moteur a encore plus de poigne, la partie-cycle est convaincante et saccorde aux conditions les plus diverses grâce à lESA. Si bien quelle na aucune concurrence à craindre sur le plan de la sportivité dans sa catégorie. Le confort et léquipement sont eux aussi convaincants. Si bien quil ne me reste que deux vux: un prix plus modeste (même si loffre est convaincante) ainsi quun sixième rapport faisant office doverdrive.
En un coup d'oeil
(meilleure note: 5 pts, plus mauvaise note: 1 point)
| En ville | 3 points |
| Grande virée | 5 points |
| Pilotage sportif | 4 points |
| Utilisation en duo | 5points |
| Palpitations | 3 points |
Fiche technique BMW K1300GT ABS
Moteur
. .
| Genre | Quatre-cylindres quadrisoupape en ligne liquide transversal incliné de 55° vers lavant |
| Distribution | DACT, culbuteurs de type tracté. Deux arbres déquilibrage |
| Alésage x course | 80×64,3 mm |
| Cylindrée totale | 1293ccm |
| Rapport de compression | 13 : 1 |
| Carburation | Gestion digitale du moteur, injection dessence |
| ø papillons | 46mm |
| ø soupapes: admission/échappement | |
| Lubrification | Lubrification à carter sec |
| Echappement | |
| Démarreur | Démarreur électrique |
Performances
| Pussance maxi | 160 ch (118 kW) à 9000 tr/min |
| Couple maxi | 13,8 mkg (135 Nm) à 8000 tr/min |
| V-max. | - |
Transmission
| Embrayage | Entraînement primaire par pignons. Embrayage multidisque dans bain dhuile à commande hydraulique. |
| Vitesses | Boîte six vitesses |
| Transmission finale | Transmission par cardan. |
Partie-cycle
| Cadre | Cadre pont alu |
| Suspension avant | Suspension de la roue avant avec amortisseur central et deux longerons (Duolever), direction à pantographes |
| ø tubes de plongée | |
| Suspension arrière | monobras oscillant arrière avec amortisseur central, réglable en précontrainte de ressort et en amortissement de la détente (version avec ESA: pleinement réglable) |
| Débattement avant/arrière | 115/135 mm |
Roues
| Genre | Jantes en fonte dalliage léger; pneus tubeless à carcasse radiale (moto du test Bridgestone BT020) |
| Jante avant | |
| arrière | |
| Pneu avant | 120/70-17 |
| arrière | 180/55-17 |
Freins
| Frein avant | Double disque ø320 mm et étriers quatre pistons av. |
| Frein arrière | simple disque ø294 mm et étrier double piston à larrière. |
| ABS | ABS semi-intégral. |
Dimensions et poids
| Empattement | 1572 mm |
| Angle de chasse | 60,6° |
| Chasse | 112 mm° |
| Poids tous pleins faits/charge | 288/232 kg |
| Hauteur de selle | 820/840 mm |
Capacité essence Consommation test ø 100 km | 24/env.4l 6,3l |
Teintes
| beige | |
| rouge | |
| bleue | |
| x | |
| x |
Prix, disponible dès, importateur
| Prix | Fr. 25450. TTC. Machine du test incluant kit sécurité et tourisme «Premium» Fr. 28580.. |
| Disponible dès | maintenant |
| Importateur | BMW Motorrad Schweiz, 8157 Dielsdorf, Tel. 058 269 11 11 (siehe Linkbox) |
Autres, remarques
| Remarque |
Concurrents
| Honda Pan European |
| Kawasaki 1400 GTR |
| Moto Guzzi Norge 1200 |
| Voxan GTV |
| Yamaha FJR |



























