Test et technique
Test Daytona 675
05.02.2009 00:00
La Triumph Daytona 675 est si réussie que sa version 2009 ne présente que des amé-liorations de détail. On peut gagner en poids et en puissance, mais il ne faut pas se planter. Texte: Daniel Riesen Photos: Jason Critchell, Paul Barshon
La Triumph Daytona 675 est encore jeune, mais elle a déjà une brillante carrière derrière elle. Revenue du néant, la petite firme britannique sest avec elle lancée tel un David à lassaut des Goliath japonais. Avec un succès foudroyant. Par trois fois, la tricylindre anglaise a battu les quatre-pattes japonaises dans le cadre du Supertest SWA. Succès également sur le plan sportif où, malgré des budgets limités, la Daytona a décroché le titre des supersports en France (2007) puis en Allemagne et en Angleterre (2008).
Sur sa lancée
Dabord un brin réticente, la clientèle suisse sest peu à peu laissé convaincre par les qualités de la belle anglaise. Lancée début 2006, elle navait séduit que 84 acheteurs la première année. En 2007, leur nombre passait à 117 puis, cette année, à 135 jusquà fin octobre. Détails positifs pour la marque: les acheteurs sont souvent de nouveaux venus chez Triumph et leur moyenne dâge, avec 34 ans, est assez jeune.
Cette marche en avant devrait se poursuivre en 2009 puisque la firme britannique propose une nouvelle version de sa Daytona 675. Identique à la précédente sur de nombreux points, elle ne sen différencie quau niveau des détails. Il est vrai que les qualités quelle a démontrées jusquici ne justifient guère de changements en profondeur et si la Daytona joue le rôle de Goliath dans le monde des supersports, Triumph nen reste pas moins un David parmi les constructeurs motocyclistes.
Ainsi ont été conservées lapparence musclée et la silhouette de la version précédente, même si désormais son regard a changé. En effet, le nez de la Daytona 2009 a été redessiné, particulièrement du côté du double phare. «Cétait une partie de la moto qui ne plaisait pas vraiment à ses concepteurs.
Ils ont saisi lopportunité dune nouvelle version pour la retoucher » confie dun air entendu Simon Warburton, chef du développement de la firme britannique. Le pare-brise lui aussi est nouveau: grâce à la progression du chiffre de ventes de la 675, Triumph a pu le faire fabriquer par moulage alors que jusquici il était réalisé par pliage.
Le gros avantage de la Daytona 675 est son moteur à trois cylindres. Les 75cm3 supplémentaires par rapport aux 600 cm3 lui permettent de compenser lavantage des quatre cylindres des marques japonaises. En puissance de pointe, la Triple peut ainsi rivaliser avec toute la concurrence et son couple supérieur lui assure beaucoup de punch à bas et moyens régimes.
Plage de puissance sans trou
Avec son angle de soupapes fermé, le léger et compact moteur tricylindre reste fidèle à lui-même et ne cède pas aux sirènes futuristes. Le gain en puissance de la version 2009 est essentiellement obtenu au travers dun nouveau calcul des canaux de culasse, le triple à course courte pouvant grimper 400 tours plus haut.
Résultat des courses: une puissance qui passe de 125 à 128 ch et un couple lui aussi en progression. La courbe de puissance de lusine montrait jusquici un léger trou aux environs de 7000 tours, il a disparu. Simon Warburton est catégorique: «Le nouveau moteur délivre plus de puissance partout!»
Un gain de puissance est toujours intéressant dans cette catégorie, mais un gain de poids lest tout autant. Dès lors, les ingénieurs de Triumph sont parvenus à économiser trois kilos, notamment sur la roue arrière et sur le système déchappement, qui comme auparavant se termine sous le dosseret. On obtient ainsi un poids de 162 kg à sec, soit 186 kg tous pleins faits, ce qui place la Daytona au premier rang de la catégorie, ex æquo avec la Honda CB600RR.
Sportive dès le ralenti
En sinstallant sur la bécane, le pilote ne remarque pas de changement. La géométrie et lergonomie restent identiques, toujours aussi fonctionnelles et sportives. Le siège tout juste capitonné est toujours haut placé, les bracelets toujours aussi bas et avancés et la ligne du réservoir toujours aussi fine.
De par sa conception, le sound dun moteur tricylindre est spécial. Gaz coupé, il donne limpression de hoqueter sous soi. Avec un filet de gaz, il émet des gargouillis de bonheur et plus on tire sur la poignée, plus son rugissement se fait rauque et puissant. Les oreilles sensibles nen souffriront cependant pas puisque léchappement Arrow proposé par Triumph promet des sonorités différentes mais légales.
La nouvelle Daytona 675 est chaussée en série de pneus Pirelli Supercorsa SP. Un choix certes très sportif, mais qui implique une certaine prudence sur chaussée humide ou dans le froid du petit matin. Sur le circuit de Cartagena par contre, ce mariage italo-britannique a fait merveille. La Triumph plonge sur langle très docilement et sans réactions négatives. La large bande de roulement est encore amplifiée par des épaulements qui facilitent la prise dangle. Même lorsque les pose-pieds commencent à frotter le bitume, la limite est encore loin dêtre en vue.
Sur la route, la sérénité demeure. Tant que la météo reste agréable, les problèmes dadhérence sont tout simplement oubliés. Même les enchaînements de courbes nexigent pas de gymnastique exagérée. Les virages serrés demandent par contre un peu de soutien du corps, la position basse des bracelets nétant ici pas un avantage, pas plus dailleurs que la traduction légèrement trop longue du premier rapport.
Par contre, la longueur de ce premier rapport fait quon peut en faire usage sans crainte. Triumph a en effet réagi à lune des critiques les plus unanimes faites au modèle précédent. Linjection a été programmée de telle sorte quà une ouverture prudente des gaz réponde une accélération mesurée, mais toutefois sans museler une réaction musclée lorsque la poignée a été ouverte en grand.
Désormais, les mauvaises surprises à louverture des gaz ont disparu tant à bas quà moyens régimes, où la réponse devient aussi claire quau-dessus de 8000 tours. On se souvient que cétait déjà le cas à haut régime dans la version précédente.
Malgré laugmentation de la limite supérieure du régime, on se retrouve souvent dans les premières rondes au-delà de la puissance maxi (12600tr/min). Avec un limiteur intervenant à 13900 tours, la marge est relativement étroite.
Contrairement à la concurrence, Triumph a renoncé à équiper sa Daytona 675 dun limiteur de rétrocouple, tablant sur lefficacité de son système de choke à clapets, lequel est programmé pour augmenter légèrement le régime lorsquon coupe les gaz, réduisant ainsi les risques de blocage de la roue arrière.
Grâce à son nouvel ensemble à pinces monobloc de Nissin, la situation reste limpide dans les zones de décélération. La puissance de freinage augmente de plus de 15% par rapport aux ensembles radiaux des modèles précédents et elle permet des arrêts durgence à la fois progressifs et incisifs.
Cest particulièrement sur les grandes routes au revêtement irrégulier quon se régale avec ce nouveau freinage. Si lon ne le manipule pas trop rageusement, il permet des corrections de trajectoire et de vigoureux coups de frein sur langle sans provoquer de sueurs froides intempestives.
Par contre, sur les routes de troisième classe serpentant dans les collines de la Costa Blanca, les techniciens de Triumph ont procédé à quelques réglages sur les suspensions de la Daytona. But de lexercice: permettre de filtrer à coups de clics les aspérités du bitume sans léser la stabilité de lensemble. Le résultat est remarquable, les éléments de suspension répondant finement et empêchant les duretés inutiles de se transmettre dans les mains et dans les fesses. Voilà qui est appréciable avec un siège aussi spartiate.
Boîte assistée et ECU
Parallèlement à ses grandes qualités de routière, la Daytona 675 est également une véritable sportive. Cest encore davantage le cas avec ce modèle 2009. Quiconque voudra encore amplifier cette option racing pourra faire installer un assistant de sélection de rapport (quick shifter) disponible dans le catalogue daccessoires officiel de la marque.
En outre, un logiciel de programmation (ECU) est également disponible, lequel permet dintervenir dans le mapping moteur en choisissant des options différentes, mais il faut ici disposer dun savoir-faire technique à la hauteur. Le pilote pourra ainsi notamment enclencher un limiteur de vitesse pour lallée des boxes tout en conduisant.
On le voit, même si tous les acquéreurs de Daytona 675 nenvisagent pas de gagner des courses, la possibilité existe bien. Avec ses options orientées sport, Triumph entend visiblement conserver ses couronnes dans les séries de supersports. Et gagner encore une fois le grand test SWA.
Bilan
La Daytona est restée une Supersport dotée dune certaine aura ainsi que dun important avantage de punch et de caractère. Ajoutez la finition et le prix correct, et il ne reste vraiment plus grand-chose à critiquer. Les bécanes au guidon-bracelets écopent normalement de deux étoiles dans la rubrique «en duo», mais la Daytona en mérite une de plus pour ses fantastiques éléments de suspensions.
En un coup d'oeil
(meilleure note: 5 pts, plus mauvaise note: 1 point)
| En ville | 2 points |
| Grande virée | 3 points |
| Pilotage sportif | 5 points |
| Utilisation en duo | 1 points |
| Palpitations | 4 points |
Fiche technique Triumph Daytona 675
Moteur
| Genre | Trois-cylindres quadrisoupape en ligne liquide transversal. Un arbre déquilibrage entraîné par pignons. |
| Distribution | Deux arbres à cames (DACT) entraînés par chaîne, poussoirs en godet. |
| Alésage x course | 74,0×52,3 mm |
| Cylindrée totale | 675 ccm |
| Rapport de compression | 12,7:1 |
| Carburation | Injection dessence Keihin dans canaux dadmission avec 1 gicleur multipoint par cylindre. Airbox à admission centrale unique RamAir. |
| ø papillons | 44 mm |
| ø soupapes: admission/échappement | Angle soupapes total 23°, ø assiette admission 30,5 mm, échappement 25,5 mm. |
| Lubrification | Lubrification à carter humide, radiateur dhuile de 3,5l. |
| Echappement | Echappement 3 en 1 avec clapet électronique et catalyseur triple effet. Allumage digital cartographique. |
| Démarreur | Démarreur électrique |
Performances
| Pussance maxi | 128 ch (94 kW) à 12'00 tr/min |
| Couple maxi | 7,4 mkg (73 Nm) à 11'750 tr/min |
| V-max. | - |
Transmission
| Embrayage | Entraînement primaire par pignons. Embrayage multidisque dans bain dhuile à commande mécanique. |
| Vitesses | Boîte six vitesses. |
| Transmission finale | Transmission finale par chaîne à joints toriques |
Partie-cycle
| Cadre | Cadre pont en pièces dalu injecté, profils dalu et tubes dalu; moteur porteur; faux-cadre arrière alu démontable. |
| Suspension avant | Fourche télescopique inversée KYB, réglable en précontrainte de ressort, à la compression high et lowspeed ainsi quà la détente. |
| ø tubes de plongée | 41 mm |
| Suspension arrière | Bras oscillant bilatéral, amortisseur central KYB à biellettes, réglable en précontrainte de ressort, à la compression high et lowspeed ainsi quà la détente. Amortisseur de direction non réglable. |
| Débattement avant/arrière | 120 mm, 130 mm |
Roues
| Genre | Jantes en fonte dalliage léger; pneus tubeless à carcasse radiale Pirelli Supercorsa SP. |
| Jante avant | MT 3.50×17 |
| arrière | MT 5.50×17 |
| Pneu avant | 120/70 ZR 17 |
| arrière | 180/55 ZR 17 |
Freins
| Frein avant | Nissin. Double disque (308 mm) acier semi-flottant et étriers quatre pistons monobloc à monte radiale à lavant |
| Frein arrière | simple disque (220 mm) et étrier monopiston à larrière |
| ABS | Non |
Dimensions et poids
| Empattement | 1395 mm |
| Angle de chasse | 66,1° |
| Chasse | 89 mm |
| Poids à sec | 162 kg |
| Hauteur de selle | 825 mm |
| Capacité essence | 17,4/4,0 l |
Teintes
| rouge | |
| noire | |
| x | |
| x | |
| x |
Prix, disponible dès, importateur
| Prix | Fr. 16'150. TTC. |
| Disponible dès | maintenant |
| Importateur | Triumph SA Rue des Bugnons 4, 1217 Meyrin GE Tél. 022 782 73 50 |
Autres, remarques
| Remarque | Egalement en version 25 kW/34 ch |
Concurrents
| Honda CBR 600 RR |
| Kawasaki ZX-6R Ninja |
| Suzuki GSX-R 600 |
| Yamaha R6 |






























